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Analyse et conjoncture économique de la Corse

Vacances et Padduc




Dernière et rapide note avant de partir en vacances et de délaisser ce site.

Juste pour vous dire que le Padduc est enfin disponible sur le site de la CTC (partie objectifs et partie orientations.

En fait, j’ai été assez déçu, le document reste très largement dans le déclamatoire, mais c’est sans doute aussi une résultante des contraintes listées, à savoir :
« Il s'agit :
- d'un document d'aménagement et de développement
- a les mêmes effets qu'une directive territoriale d'aménagement, il peut donc préciser les modalités d'application des lois
- vaut schéma régional des transports, et schéma de mise en valeur de la mer
- définit les principes de localisation des grands équipements et infrastructures
- précise les orientations de la Collectivité Territoriale de Corse dans certains domaines
- veille à la cohérence des politiques de la Collectivité Territoriale de Corse avec celles de l'Etat et des autres collectivités
- n'est pas un catalogue de politiques ou de programmes
- n'a pas à se préoccuper des moyens de financement
- ne peut modifier les lois en vigueur
- ne peut empiéter sur les compétences des autres collectivités
- opposable aux tiers, les documents d'urbanisme devront être mis en compatibilité avec lui »

Pour la partie objectifs, elle comprend un diagnostic, notamment économique, qui est très largement insuffisant. Il y finalement peu d’argumentations, ce qui, je pense, le rend en grande partie inefficace (comme document amenant au consensus, au moins l’état des lieux). Un diagnostic pose des faits, et force est de constater qu’ils ne sont pas assez présents. Bien trop court donc ; dommage.

Sinon, la croissance moyenne en volume de la Corse entre 1996 et 2006 est soit de 2,8 % (en incluant la croissance annuelle de 1996), soit de 3,2 % (en l’excluant) et pas de 3 % comme cité dans le document. Pour le reste, il est souvent fait référence au recensement de 1999 pour les données infra-régionales, mais dans leur grande majorité, les données regardées sont disponibles à des dates plus récentes (sur le site de l’Insee).

Enfin, petite cerise sur le gâteau, ce passage, page 51 :
« Avec maintenant 0,45% de la population de la France métropolitaine – données 2004 –, elle n’entend plus être à la source de seulement 0,35% du produit intérieur brut national – données 2002 –. C’est pourquoi elle s’assigne cet objectif premier d’une croissance plus forte, plus ambitieuse et plus durable que celle qui a marqué les décennies passées.
Cet objectif, elle le concrétise par un chiffre : un taux de croissance de 5% par an. »

Déjà, pourquoi 2004, alors que la population est disponible en 2007 ? Idem pour le PIB. Mais, surtout 5 % de croissance potentielle (voir en bas de page) ? Sachant que l’on table sur une croissance de la population autour des rythmes actuels, soit 1 % par an, cela implique une croissance de la productivité du travail de 4 % par an (sans apport progrès technique). Il va falloir s’accrocher car aujourd’hui, la Corse arrive à peine (approximé par la croissance du ratio PIB en volume sur emploi salarié) à faire du -0,1 % par an en moyenne entre 2002 et 2006, et un maigre +0,2 % en moyenne entre 1996 et 2006 (logique toutefois dans un contexte de forte créations d’emplois et d’économie basée sur des secteurs à faible intensité en qualification, non producteur et peu utilisateur de « connaissances »). Donc un objectif, qui paraît bien peu réaliste, sauf à imaginer un choc technologique qui mettrait la Corse parmi les régions de pointe en termes d’économie de la connaissance. Il aurait fallu expliquer en quoi passer d’une économie tourisme-construction à la Sillicon Valley en 5-10 ans c’est réaliste, quoique, ensemble, tout est possible et, à la limite, on pourra toujours aller les chercher avec les dents les 5 %.

croissance potentielle = croissance de la population active + croissance de la productivité du travail + croissance de la productivité totale des facteurs (progrès technique)

Guillaume Guidoni
Lundi 11 Août 2008


1.Posté par Fabien le 02/09/2008 17:45
Si on se réfère à l'explication du PADDUC par l'association U Levante, la manière dont la collectivité compte aller chercher sa croissance, c'est en construisant tous azimuts.

La page d'U Levante sur le PADDUC, les vidéos sont particulièrement explicatives :
http://levante.fr/padduc/index.html

Si l'avenir est pour l'immobilier et pour le tourisme ce que je pense, c'est-à-dire entre morose et carrément noir, nous y gagnerons des maisons vides sur des espaces naturels massacrés, en plus d'un abandon d'autres secteurs de l'économie, comme l'agriculture. La croissance pour les 10 ans à venir risque d'être plus proche des 0,5%, je suis près à parier une caisse de patrimonio dessus...

2.Posté par Vincent CARLOTTI le 19/09/2008 10:29
Je partage votre point de vue sur le PADDUC: sans souffle, sans ambition, assis sur un ensemble de diagnostics insuffisants, aussi imprécis que souvent fantaisistes, il est au sens propre du terme archaïque et ne correspond en rien aux enjeux qui se profilent devant nous.

Quant à l'objectif de croissance de 5% en moyenne, outre les données objectives qui, vous le rappelez, le rendent totalement irréaliste, il marque le profond mépris que les concepteurs du document ont pour la population de notre île qu'ils continuent à enfumer avec la même application que leurs prédécesseurs et que leur maître de l'Elysée.

Les choix mis en avant d'un tourisme résidentiel débridé, outre leur archaïsme, enclenchent pour les Corses, si les mots ont encore un sens, ce qui s'apparente ni plus ni moins à un génocide culturel.

En tout cas bravo pour votre travail et la pertinence de vos arguments.



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