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Analyse et conjoncture économique de la Corse

Qui achète les logements neufs en Corse ? Une pression extérieure massive


Une nouvelle estimation de l'origine des acheteurs de logement permet d'affiner le calcul. 44 % des logements neufs sont captés par des acheteurs extérieurs, en grande majorité pour des acquisitions de résidence secondaire. Les ménages résidents pèsent 38 % marché immobilier dans le neuf.



Qui achète les logements neufs en Corse ? Une pression extérieure massive
Concernant le marché immobilier en Corse, la statistique est souvent très lacunaire. Ainsi, l’origine des acheteurs de logements en Corse, sujet « brûlant », n'est pas calculé officiellement.

Lors des assises du foncier, le chiffre de 1 achat immobilier sur 5 effectué par un résident a été avancé (via noms de famille). Du côté de Corse-Economie, en croisant les données issues des statistiques de crédits immobiliers et celles sur le montant des transactions, notre estimation donne plutôt du 40 % des transactions pour les ménages résidents et, par conséquent, 60 % par des acheteurs extérieurs ou des sociétés. Donc pas loin de moitié-moitié.

A travers l’étude des données du recensement effectué en Corse et notamment les données sur les logements, je propose ici une nouvelle approche qui me paraît plus précise.

Publicité : Pour les personnes souhaitant aller plus loin et ayant un budget, nous pouvons conduire une étude complète sur le sujet, à la demande.

Cette approche concerne uniquement les logements neufs construits entre 2003 et 2008 (données recensement 2008). Il est possible de distinguer premièrement le type d’occupation (résidences principales/secondaires). Puis, pour les résidences principales de distinguer les propriétaires des locataires mais surtout qui habitait en Corse avant d’emménager et qui habitait en dehors de l’île.

Attention donc, il n’est question que d’une partie du marché immobilier, les biens immobiliers anciens ne sont pas couverts.

Première constatation, 44 % des logements achevés entre 2003 et 2008 sont des résidences secondaires ou locations saisonnières. Il s’agit d’un record national, largement devant la région Paca (24 % des constructions neuves) ou Languedoc-Roussillon (21 %).

Deuxième constatation, pour les résidences principales, les propriétaires qui résidaient déjà en Corse avant l’achat représentent 27 % des transactions neuves et les acheteurs extérieurs 5 % des transactions.

Enfin, pour les locations permanente, 24 % du parc de logements neufs est occupés par les locataires déjà résidents et 6 % par des ménages venant de l’extérieur.

Pour parvenir à une conclusion sur l’origine des acheteurs de logements neufs, il faut faire une petite hypothèse. On suppose ici que l’importance de l’investissement dans l’immobilier des ménages corses est identique à celui observé au plan national

Au final, on peut conclure que 44 % des logements neufs construits entre 2003 et 2008 sont acquis par des personnes extérieures à la Corse au moment de l’achat. Le poids des résidences secondaires est écrasant dans ce total (attention ce 44 % n'est pas le même que celui cité plus haut qui concerne toutes les résidences secondaires y compris celles des résidents, le fait que le chiffre soit identique est un hasard) tandis que les achats par les ménages s’installant dans l’île (immigration) ne pèsent que 5 % du marché neuf.

Le reste est partagé entre ménages « historiques » (38 %) et personnes morales (18 %) (SCI, sociétés HLM…). A noter que pour les personnes morales, il n’est pas possible de distinguer entre société basée dans l’île ou ailleurs.

Cette démarche donne un résultat proche de celui via l’estimation par le crédit et le montant des transactions, avec une nouvelle fois près de 40 % du marché occupé par les ménages locaux. Comme dans l’ancien, les achats de résidences principales par des nouveaux résidents sont nettement plus élevés (autour de 30 % contre 5 % pour le neuf), ceci indique une importance moindre des achats de résidences secondaires dans l’ancien.

Guillaume Guidoni
Jeudi 5 Avril 2012


1.Posté par Cicci le 18/04/2012 22:08
À ce rythme, on ne risque pas de voir une baisse des loyers, ni une augmentation de locations annuelles...

2.Posté par Dumé le 07/06/2012 17:18
Il est temps de réagir!!
Favoriser l acquisition de biens immobilier aux Corses résidents et bien évidemment a des particuliers

3.Posté par Claude le 10/06/2012 10:18
Quels effets attendus sur immobilier par la suppression des arrêtés miot?

4.Posté par tramoni francine le 19/08/2012 14:03
la question des résidences secondaires appelle quelques commentaires:
Dans le neuf, en zone littorale principalement, achat Loi Scellier ou autre, ces résidences ,très souvent , ne sont même pas occupées de Juin à Septembre et font concurrence aux petites -voire moyennes- structures hôtellières qui prennent le risque de créer une entreprise et participent à l'économie de l'île quoique l'on puisse penser de ces choix par ailleurs.
En temps de crise ou de récession plus encore qu'en période de "croissance", baser une économie sur le service essentiellement est "casse gueule" et ce choix a atteint ses limites car l'effet démultiplicateur est très faible pour la société residente à l'année.
Si la Corse veut sortir de l'ornière il faut dans un avenir très proche opter pour un développement de production ,d'autosuffisance alimentaire ,d'excellence environnementale et de préservation de ses richesses naturelles.Les potentialités de la Corse dans ces domaines sont loin d'être mises en valeur.
Tout celà pour partager mais pas pour se "vendre".



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