par Guillaume Guidoni
Corse-Economie
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Occupation de logement en Corse : des ménages très à l’étroit


La sur-occupation et le surpeuplement des logements frappent fortement dans l’île. Les locataires sont le plus en difficulté mais les propriétaires sont aussi touchés.



Occupation de logement en Corse : des ménages très à l’étroit
La publication des statistiques issues de la base de données fiscale sur l’occupation des logements permet d’avoir une image plus à jour de la situation du parc immobilier en Corse que celles issues du recensement Insee. Les résultats ne sont toutefois pas très éloignés. Ainsi , en 2009 en Corse, l’analyse faite par le SOeS montre que le nombre de résidences secondaires dépasse presque partout les 17,4 % du total du parc. En 2007, selon l’Insee le poids des résidences secondaires au niveau de l’ensemble de la Corse atteignait 34,7 %. Un peu plus surprenant est le nombre de logements vacants, qui s’avère être nettement plus élevé que celui calculé par l’Insee (5,9 % en 2007), notamment dans les zones de l’intérieur, l’extrême-sud et la Balagne. Le poids dépasse souvent 9,5 voire 12 % du parc. L’écart est due au fait qu’une partie des logements vacants selon les services fiscaux sont vraisemblablement des locations saisonnières (= résidences secondaires pour l’Insee). Sur ce premier point donc pas vraiment de surprise.


Occupation de logement en Corse : des ménages très à l’étroit
Les données concernant les conditions d’occupation des logements en Corse sont en revanche nouvelles. Il s’agit de mettre en évidence la sur-occupation des logements et le surpeuplement (cf. ci-dessous pour les définitions données par le SOeS). Et là, c’est assez calamiteux. Sur-occupation et surpeuplement des logements sont largement plus répandus en Corse que sur le Continent.

Plus précisément, pour les ménages propriétaires de leur logement c’est la sur-occupation qui domine quasiment partout sur le territoire corse. Seuls les cantons des Alpes ont une situation assez proche. Mais il faut noter que la Corse est quasiment la seule région où la part des logements sur-occupés dans le total du parc des résidences principales est supérieur à 7 %. Ceci frappe plus fortement le Nord de l’île. Pour le surpeuplement, pas vraiment de différence avec le niveau national pour les propriétaires.

Occupation de logement en Corse : des ménages très à l’étroit
Ce sont les locataires du privé qui souffrent le plus. Les deux cartes ci-contre parlent d’elles-mêmes. La Corse détient le record de la sur-occupation et se défend bien au niveau du surpeuplement. Alors, certes, dans le parc social la situation n’est pas trop mauvaise. Mais ce parc est retreint en Corse et il est difficile d’y accéder (vacances et taux de mobilité très faible).

Ceci illustre la difficulté d’accès au logement et même au logement décent. Pour rappel, selon nos calculs, avec un SMIC il était possible d’acheter une surface de 30,1 m² en 2000 (logement neuf) contre 24,6 m² début 2010. Pour une famille de 2 adultes (2 SMIC) et 2 enfants, difficile d’échapper à la sur-occupation (perte d’une chambre de 10 m² entre 2000 et 2010). Pour une famille avec 1 seul SMIC, c’est le surpeuplement qui guette.

Définitions du SOeS

Sur-occupation :
Sur-occupation lourde : surface < 9 n
Sur-occupation légère : 9 n < surface < 16 + 11 (n-1)
Où n est le nombre de personnes occupant le logement, la surface est la surface habitable exprimée en m2.
Ainsi, un ménage de 1 personne est en sur-occupation lourde si il occupe un logement d’une surface de 9 m2 ou moins, et en situation de sur-occupation légère si la surface est comprise entre 10 et 16 m2.

Pour 2 personnes les seuils sont respectivement de 18 et 27 m2.

Surpeuplement :
L’indicateur résulte de la comparaison, pour un ménage donné, du nombre réel de pièces du logement et du nombre de pièces nécessaires compte tenu de la taille et de la composition du ménage considéré. Le nombre de pièces nécessaires au ménage est calculé de la manière suivante :
une pièce de séjour pour le ménage, + une pièce pour chaque couple, + une pièce pour chaque adulte ( personne de 18 ans et plus) non en couple, + une pièce pour deux enfants s’ils ont moins de 6 ans, quel que soit leur sexe, + une pièce par enfant de 6 à 18 ans.
Exception : une personne seule en studio est réputée satisfaire la norme.
La cuisine n’est jamais comptée dans le nombre de pièces.

Jeudi 29 Juillet 2010
Guillaume Guidoni