par Guillaume Guidoni
Corse-Economie
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Le crédit en Corse




Le crédit en Corse
Le financement bancaire continue de surprendre par sa vigueur au mois d’octobre

Le crédit continue de ralentir – certes – mais reste sur des niveaux de progression très vigoureux, à l’inverse du Continent ou même des autres pays européens. En octobre, l’encours de crédit bancaire sous toutes ses formes croît sur un rythme soutenu, avec +8,6 % sur un an (3,7 milliards d’euros de crédits), contre 9,7 % au mois de septembre.

Le principal poste de crédit, à savoir le credit immobilier, reste sur sa pente douce, passant de +9,4 % sur un an en septembre, à +9,3 % en octobre. Du côté des entreprises, les crédits investissements sont en hausse de +10,6 % sur un an. Il faut noter qu’après une phase de fort coup de frein fin 2008 - début 2009 (cf. graphique ci-dessus), la hausse est revenue entre +10 et +11 %, montrant que les entreprises corses sont demandeuses de financement pour investir. Enfin, en ce qui concerne les crédits de trésorerie (mélangeant entreprises et ménages) la hausse est de +3 % sur un an.

Le crédit en Corse
Un ralentissement imputable à la réduction des découverts

Le fait que la progression passe de +9,7 % à +8,6 % s’explique principalement par la réduction des découverts bancaires. Ceux-ci restent en hausse sur un an, mais tombent à +2,2 % contre +15,5 % au mois de septembre. Ainsi, ce ralentissement est en fait un bon signal, les ménages étant moins en tension sur leur trésorerie.

Le crédit en Corse
le point sur l’importance économique du financement bancaire

Fin 2008 l’encours de crédit bancaire dans l’économie était de 3 500 millions d’euro (M€), soit environ 48 % du PIB corse. Le crédit prend principalement la forme de crédit logement pour les ménages (2 050 M€), de crédit investissement (900 M€) pour les entreprises et de crédit de trésorerie (440 M€), mélangeant ménages et entreprises. Au niveau des dépôts le montant est plus important, avec près de 5 200 M€ (71 % du PIB). Depuis, les proportions n’ont pas changé même si l’encours a grossit pour tous les types de crédits.

Au niveau national, le crédit bancaire pèse 71 % du PIB et les dépôts 63 %. Dans les autres pays européens, on retrouve partout un excédent des crédits sur les dépôts. En Corse, on a le contraire. Toutefois, l’île n’est pas actuellement sous-alimentée en crédit, car ce qui compte n’est pas tant le niveau de crédit que son évolution.

Or, depuis plus de 10 ans la distribution de financement bancaire est très dynamique. Entre 1997 et 2008, les crédits immobiliers progressent de 13 % par an en moyenne et les crédits investissements de 10 % en moyenne. De plus, alors que depuis la fin 2008 le crédit est partout en Europe – y compris en France Continentale – en plein marasme (cf. graphique ci-dessus), la progression est restée vigoureuse dans l’île. La résistance surprenante du crédit et la bonne saison touristique ont permis de limiter les impacts de la crise.

L’écart entre crédits et dépôts est en fait le fruit de la grande récession du début des années 90. Les restrictions bancaires au début de cette décennie ont été tellement violentes que leurs séquelles restent présentes près de deux décennies plus tard, même si la situation est depuis radicalement différente.

Lundi 21 Décembre 2009
Guillaume Guidoni