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Analyse et conjoncture économique de la Corse

Le crédit bancaire dans l’île




Le crédit bancaire dans l’île
Flot soutenu de crédits en Corse

Les flux de crédits sont en train de se stabiliser sur des rythmes de progression élevés. En effet, en ce qui concerne les trois grands postes de crédits bancaires, on ne note plus de décélération dans les vitesses de progression comme c’était le cas entre le 1er et le 3e trimestre de 2009.

En décembre 2009, l’encours de crédits bancaire sous toutes ses formes croît sur un rythme soutenu, avec +8,9 % sur un an (inchangé par rapport à novembre). Ceci représente une augmentation de l’encours de crédits de 314 millions d’euros (M€) sur un an. Il s’agit d’une légère baisse de rythme par rapport à 2008 (+332 M€ entre décembre 2007 et décembre 2008) mais reste appréciable (autour de 4 % du PIB), surtout si l’on pense que dans le même temps, le crédit bancaire au secteur non-financier a reculé en zone euro ou pour l’ensemble de la France. Les entreprises souffrent plus particulièrement dans ces régions (baisse des programmes d’investissement et restriction d’accès au crédit).

Le credit immobilier est en hausse de 9,3 % sur un an en décembre et s’est maintenu autour de ce rythme depuis le mois de septembre. En lien avec nos articles de la semaine dernière, ceci illustre le maintien d’une demande pour l’achat immobilier forte de la part des résidents.


Le crédit bancaire dans l’île
Du côté des entreprises, les flux de crédits sont très encourageants, avec une hausse de +10,3 % sur un an (+10,5 % en novembre) et des flux de crédits de trésorerie (mélangeant entreprises et ménages, mais surtout entreprises), la progression est de 5,9 % sur un an, soit au plus haut depuis juin 2008.

Un résultat toujours aussi porteur pour l’économie corse

Que ce soit par son impact sur la construction, à travers la demande de logement, par la dynamique d’investissement qu’il sous-tend ou par le fait que la trésorerie (particulièrement nécessaire pour les activités saisonnières) n’est pas rationnée, le flux de crédit est actuellement un élément clef dans la croissance corse. L’absence de tension de ce côté gomme en partie le gros point d’interrogation au sujet des perspectives économiques. Cet optimisme est à tempérer, surtout à cause de la faiblesse du marché du travail et ses conséquences sur la consommation.


Le crédit bancaire dans l’île
Le ratio crédit/dépôts en hausse mais toujours très en deçà de la moyenne nationale

En revanche, côté dépôts bancaires, le ralentissement est en Corse comme sur le Continent (cf. graphique ci-contre) toujours d’actualité. Au sein de ces dépôts, on note de gros mouvements de fonds allant des divers livrets vers les comptes courants. Du fait de la faible rémunération des premiers, lié à un environnement de taux d’intérêt de court terme exceptionnellement bas (niveau plancher sur le monétaire) et de la faible inflation, les déposants ont peu d’avantages à chercher hors des comptes non rémunérés. Cela se voit très bien dans la forte hausse des encours de comptes courant (+9,2 % sur un an à 2 310 M€) alors que tous comptes confondus les dépôts ne progressent que de 1,9 % (5 331 M€, +99 M€ par rapport à décembre 2008).

La forte progression des crédits alors que les dépôts sont nettement en deçà, fait que le ratio de levier du système bancaire corse est désormais de 72 % (pour un 1 € de dépôt, il y a 0,72 € de crédit), contre 64 % fin 2007. Au niveau national, le ratio est de 120 % fin 2009 (116 % fin 2007). Il y a encore de la marge concernant le niveau d’endettement de l’économie corse.

Guillaume Guidoni
Mardi 2 Mars 2010


Economie française

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