par Guillaume Guidoni
Corse-Economie
Inscription à la newsletter

Enquête BdF avril 2009, vraiment mauvais




Le numéro d’avril de l'enquête de conjoncture de la Banque de France est en ligne.

Dans ce qui suit, j’interprète les signaux envoyés dans les commentaires de l’enquête. J’aimerais pouvoir m’appuyer sur des données chiffrées, mais ce n’est pas accessible actuellement.

Désormais, il me semble clair que l’enquête auprès des entreprises fait ressortir des signaux très mauvais. D’une part, l’appréciation est négative dans la quasi-totalité des secteurs pour l’activité présente. Les perspectives sont un peu plus roses mais ne se raccrochent qu’à une éventuelle réussite de la saison touristique.

Pour les secteurs industriels (y compris agroalimentaire), les graphiques présents dans le document sont inquiétants : fort recul de la production, carnets de commande en recul continu, déstockage et taux d’utilisation des capacités de production très en dessous de la moyenne (en clair, on tourne à vide).

Pour les services, une citation me semble bien résumer l’esprit : « Toutefois, l’activité ne devrait connaître un accroissement sensible qu’à partir du mois de mai, engendrant des prévisions à court terme plus que réservées, tant pour l’activité que pour les premières embauches saisonnières ».

Il va falloir se préoccuper des quelques entreprises industrielles corses (notamment dans l’aéronautique et l’agroalimentaire), l’enquête n’indique rien de bon. (EDIT : En fait, c'est déjà le cas)

Au-delà, il faut prendre conscience de l’importance centrale de la saison touristique 2009. Or, les indicateurs touristiques sont franchement dégradés pour l’ensemble des destinations méditerranéennes. Ainsi, la concurrence s’annonce féroce pour attirer des touristes moins nombreux et moins dépensiers. Cela implique une pression sur les volumes et sur les prix aussi en Corse. Il serait grand temps de passer à la vitesse supérieure pour les campagnes de promotion, comme le font les concurrents.

Je reprends ci-dessous les principales conclusions de la BdF :

« La production industrielle n’a pas confirmé le début de reprise observé en février. Les entrées de commandes ont flanché sous l’effet d’un repli sensible de la branche des biens d’équipement. Les prix des matières premières évoluent peu, ceux des produits finis ont tendance à se contracter sous l’effet d’une concurrence accrue sur la plupart des marchés. Si quelques uns ont affecté leur production à la constitution des stocks utiles pour la haute saison, d’autres ont préféré la limiter et différer les recrutements de saisonniers. Les carnets, sans être inquiétants, sont moins étoffés qu’il y a un an. Les prévisions de productions s’inscrivent en légère baisse, freinées par le secteur des biens d’équipement.

L’activité dans le bâtiment et les travaux publics s’est quelque peu redressée, principalement sur la fin du trimestre. Les prix des devis sont orientés à la baisse, soulignant une concurrence plus intense sur les différents projets qui voient le jour. Les carnets de commande offrent généralement une visibilité au moins jusqu’à l’été. Les anticipations restent toutefois prudentes, même si la demande est toujours assez consistante.

Le négoce de produits alimentaires a connu une faible activité sur le trimestre. La concurrence est vive et les prix tirés à la baisse. Les prévisions sont plutôt bien orientées, anticipant une fréquentation touristique de même importance que l’an passé. Le négoce de matériaux de construction s’est animé sur la fin du trimestre, avec une reprise de l’activité, qui, jusque là, était en retrait. L’activité sera plus dynamique sur le prochain trimestre, mais ne devrait pas renouer avec les réalisations de l’année précédente.

Les services marchands ont connu une légère reprise de l’activité après un faible mois de février. La demande globale adressée aux entreprises du secteur est en sensible redressement. Toutefois, l’activité ne devrait connaître un accroissement sensible qu’à partir du mois de mai, engendrant des prévisions à court terme plus que réservées, tant pour l’activité que pour les premières embauches saisonnières. »

Mardi 12 Mai 2009
Guillaume Guidoni