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Analyse et conjoncture économique de la Corse

Scénario économique 2014-2016 pour la Corse (MAJ) : L'horizon reste bouché


Pas de révision sensible par rapport au scénario de mai dernier. Les perspectives restent ternes à court terme et une reprise ne devrait pas être visible avant plus d'un an.



Scénario économique 2014-2016 pour la Corse (MAJ) : L'horizon reste bouché
Le pessimisme persiste concernant les perspectives économiques en Corse. Le scénario de croissance à horizon 2016 n'est pas modifié sensiblement par rapport à mai dernier, ce qui veut dire qu'il reste sombre à court terme et peu engageant à horizon 2 ans.

Le cœur du scénario est le prolongement d’une situation de stagnation/récession pour l’économie corse dans un environnement européen qui reste très faible et d’un contexte national quasi-stagnant. On est toujours dans une lente mais constante dégradation provoquée par un travail de sape sur les fondamentaux économiques.

Le schéma ci-dessus résume les principaux sous-jacents économiques et leur orientations. Par rapport à la version de mai, le négatif reste dominant sans grand changement. Parmi les éléments négatifs pointés, les tendances sont structurelles et non conjoncturelles. ce qui veut dire qu'elles ne s'inverseront pas rapidement.

A partir de 2016, un optimisme prudent est de mise :
- allègement de la pression en provenance de la fiscalité et des finances publiques ;
- besoin d’investissement dans les infrastructures urbaines et de base (eaux, déchets, énergie) ;
- besoins d’investissement de renouvellement dans les entreprises en lien notamment avec la reprise-transmission ;
- maintien d’un flux migratoire positif qui permettra d’éviter une baisse de la population active et forme un socle de croissance (même si ce socle est faible et ne permettra pas à lui seul d’augmenter le niveau de vie moyen) ;
- développement en Corse de petites unités industrielles et de services actives à l’export (même si l’on reste encore sur des niches) ;
- transition démographique qui va soulager la pression sur le marché du travail.

Mais 2016 c'est loin et, d'ici là, il peut y avoir du changement (sans un sens ou dans l'autre).

A noter que les principales fragilités de ce scénario (qui pourraient venir invalider les attentes) portent sur :
- une résistance de l'emploi au détriment des marges des entreprises. Le marché du travail s'en porterait mieux et la consommation gagnerait en vigueur. Toutefois, cela semble peu probable compte tenu de la fragilisation de la situation financière des entreprises ;
- une reprise de l'immobilier (notamment côté résidences secondaires) courant 2015 avec les nouvelles mesures de relance. Très peu probable mais toujours possible ;
- des turbulences financières (crédit bancaire, remontée des taux ou pétrole) ;
- une crise durable du modèle touristique avec chute de sa rentabilité pour les entreprises locales du fait de la concurrence par les prix en Méditerranée.

Guillaume Guidoni
Lundi 6 Octobre 2014


1.Posté par Monique GOUIRAN le 08/10/2014 12:30
La difficulté liée au développement économique de la Corse est bien structurelle même si la conjoncture internationale est peu favorable depuis 2008. Le tourisme ne peut être considéré à ce jour comme un secteur marchand favorable à un développement économique pérenne notamment par le manque d'infrastructures indispensables à l'accueil d'une masse touristique concentrée sur 2 mois de l'année (juillet/août) : routes inadaptées au flux touristique, collecte et traitement des déchets, traitement des eaux usées, etc... La difficulté de développement économique de la Corse est due en grande partie "au fait insulaire" en marge des politiques nationales : des contraintes spécifiques dues à l'insularité, des stratégies de développement nationales en contradiction avec la réalité territoriale, ce qui génère une activité économique annuelle insuffisante pour créer des emplois sur le territoire, l'exode des jeunes vers le continent... sans oublier le coût de la vie plus élevé que sur le continent.
Le développement économique passera par l'analyse d'un objectif de développement nécessitant la mise en place de stratégies communicationnelles et décisionnelles durables et la nécessité d’une stratégie organisationnelle élaborée par l’ensemble des parties prenantes de l’île tenant compte des spécificités territoriales. Cette démarche systémique est d'ailleurs totalement reliée à la réussite des enjeux de développement durable et de RSE (ISO NF 26000 dont un des indicateurs concerne le développement territorial et un autre la qualité de la gouvernance).
Je vois chaque jour des jeunes, qu'ils soient artisans, auto entrepreneurs ou autres, relever le défi de créer leur petite activité en Corse. Qu'ils soient menuisiers, plombiers, élagueurs, ou autres professionnels, je constate que malgré la forte implication qu'ils développent pour vivre dignement en Corse et y créer des emplois, ils se trouvent confrontés à la frilosité des banques qui ne les suivent pas et n'accordent aucune reconnaissance à leur implication, à des dispositifs d'accompagnement et d'aide financière à la création d'entreprise souvent inadaptés aux "petits" porteurs de projet, à la dépendance des approvisionnements en matériel, matière et matériaux provenant du continent subissant les grèves et aléas des transports maritimes et aériens. Toutes les entreprises TPE et PME/PMI sont confrontées à ce problème. Je vois des implications s'écrouler, l'envie de partir, l'envie de rester, oui mais comment ? et dans quelles conditions ?
La Corse dispose sur son territoire de toutes les ressources environnementales et humaines favorables à un développement économique durable. Il existe en d'autres parties du monde, des îles beaucoup plus petites qui ont pu mettre en place les conditions de leur développement (Sainte Lucie par exemple dans les Caraïbes, Malte en Méditerranée). Pourquoi la Corse ne pourrait y parvenir, pourquoi nos matières grises seraient t'elles contraintes à s'exporter ?

Je garde en mémoire la phrase de Jean Jacques Rousseau : "Il est encore en Europe un pays capable de législation ; c'est l'île de Corse. La valeur et la constance avec laquelle ce brave peuple a su recouvrer et défendre sa liberté mériterait bien que quelque homme sage lui apprît à la conserver. J'ai quelque pressentiment qu'un jour cette île étonnera l'Europe »
J.J.Rousseau 1763

J'y crois !

2.Posté par REGINENSI le 10/10/2014 07:22
Bonjour,

Excellente analyse de Monique Gouiran.

Effectivement la CORSE dispose de tous les atouts pour apporter un meilleur "bien-être" à sa population.
Hélas la CORSE est beaucoup trop tributaire du fonctionnement de la société française et sans une véritable émancipation de la société corse, je ne vois vraiment pas de remèdes magiques pour améliorer la situation.
A cet effet , j'ai étudié un budget économique dans le cadre d'une CORSE Indépendante, les résultats sont très encourageants.

Bien cordialement,

Philippe Réginensi
philippereginensi@orange.fr



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