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Analyse et conjoncture économique de la Corse

Plongeon du revenu des ménages en 2009 sur la Corse


Pour la première fois depuis le milieu des années 90, le revenu disponible des ménages corses a reculé en 2009. Une chute provoquée par l'effondrement des revenus des entrepreneurs et du capital.



Plongeon du revenu des ménages en 2009 sur la Corse
Selon les dernières données de l’Insee, le revenu disponible brut* des ménages (RDB) corses a chuté lourdement en 2009 (-2,6 % par rapport à 2008), soit le premier recul observé depuis que la données est disponible (milieu des années 90). En 2008, il progressait encore de 5,5 %. Au niveau national, le RDB a progressé de 0,6 %.

Selon les donnés Insee, le recul en Corse est le plus fort observé. Seules trois autres régions sont dans le rouge (Bretagne, Haute et Basse Normandie) mais les reculs ne dépassent pas 0,9 %.

Le revenu disponible des ménages corses se montait à 5 487 millions d’euros au total, soit 17 844 euros par habitant. Du point de vue de cet indicateur, la Corse est lanterne rouge des régions métropolitaines (mais largement devant les DOM où la moyenne est inférieure à 12 000 euros par habitants).

Plongeon du revenu des ménages en 2009 sur la Corse
L’impact de la crise sur le revenu des ménages est donc important. Il est évident pour ceux qui sont au chômage mais aussi pour les indépendants, dont les revenus sont fortement corrélés avec la croissance de l’activité globale. C’est très loin d’être négligeable car ils s’effondrent de plus de 12 % sur un an en 2009, à 1,3 milliards d’euros avant impôts (comme les autres données ci-après).

Autres poste ayant enregistré une contraction assez forte, les revenus du capital (loyer, intérêts…), en baisse de 4 % (à près de 700 millions d’euros). En revanche, les salaires bruts évoluent peu (-0,7 %, à 2,7 milliards d’euros) et les prestations sociales progressent de 4,5 % (à 1,9 milliards d’euros, retraites incluses).

De 2000 à 2007, la croissance (revenus des entrepreneurs individuels), l'apport migratoire (retraites) et les créations d’emplois ont poussé le RDB sur un rythme enlevé (+6 % par an). Depuis 2008, ce mouvement est cassé. Cependant, en 2010 et 2011, il semble peu probable que les résultats furent aussi mauvais. Les créations d’emplois ont été plus solides (même si on ne retrouve pas la vigueur pré-crise) et le retour à une croissance (bien que faible) a vraisemblablement soutenu les revenus des entrepreneurs.

Deux remarques pour finir.

1/ Le mythe du décalage économique d'un an entre Corse et Continent est encore contredit, comme c'était déjà le cas pour le décalage d'un an sur le chômage.

2 / L’Insee publie des données sur le revenu disponible qui semblent entachées de nombreuses imperfections. Le décalage très important dans la publication (2009 publiée début 2012), les révisions sont parfois très fortes et la méthode de calcul (« descendante », c'est-à-dire que pour chaque poste détaillé, la donnée métropolitaine est ventilée entre les régions en fonction d'une clé de répartition) est contestable.

Le problème est moins important que pour le PIB, qui est largement assimilable à une estimation au doigt mouillé, mais il n’en est pas moins présent. Les statistiques macroéconomiques sont très (très très) loin d’avoir la qualité de celles des régions espagnoles ou allemandes (c’est vrai pour toutes les régions françaises, dans une moindre mesure pour les DOM). Pour l’instant, rien ne bouge vraiment de ce point de vue depuis que l’on a commencé les publications chez corse-economie, soit il y a près de 5 ans.

* Le revenu disponible brut est la somme de revenus salariaux, de ceux des entrepreneurs, des prestations sociales et autres (loyer, revenus de la propriété) auxquels on retire les charges sur ces revenus (impôts, charges sociales et autres).

Guillaume Guidoni
Mercredi 14 Mars 2012


Economie française

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