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Corse-Economie
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Analyse et conjoncture économique de la Corse

Une évaluation du PIB par les emplois finaux (conso, investissements, commerce extérieur)




Sur le blog qui a précédé ce site, j’ai souligné à plusieurs reprises que le PIB de la Corse n’était disponible qu’en suivant une construction via la production. Il s’agit d’additionner les valeurs ajoutées de l’ensemble des secteurs, de rajouter les taxes sur cette valeur ajoutée et sur les productions et la somme est égale au PIB.

Deux autres méthodes existent : l’approche emploi et ressources (cf. wikipedia. La première est la somme des emplois finaux des agents économiques, soit la consommation privée, la consommation publiques, les investissements (là aussi privés et publics), les stocks (les éléments précédents formant la demande intérieure) et enfin le solde des échanges extérieurs de biens et services (exports - imports : demande extérieure). La seconde fait la somme des revenus des agents.

Les conjoncturistes font un usage très intensif de la méthode par emploi, car elle est la plus facile à communiquer et, probablement, car elle fournit le plus d’information pour les entreprises et les pouvoir publics.

L’intérêt de ce qui va suivre est d’essayer d’évaluer en Corse les grands équilibres macroéconomiques entre les différents postes des demandes intérieure et extérieure.

Les éléments ci-dessous reprennent les chiffres de 2005 et sont en valeur.

Premièrement, la consommation des ménages. Selon l’Insee (cf. les onglets stats correspondants sur ce site), le revenu disponible brut (RDB) des ménages corse pèse 4 478 millions d’euros. Une partie du RDB est épargnée, une autre consommée. On ne dispose pas d’éléments permettant de faire la répartition entre épargne et consommation pour la Corse, mais au plan national, le taux d’épargne en % du RDB est d’environ 15 %. A partir de ce chiffre, en considérant que le Corse a une population plus âgée en moyenne (les personnes âgées épargnent moins) et une structure de prix moins favorables (donc une consommation un peu plus élevée avec comportements de consommation globalement identiques), on peut en déduire que le taux d’épargne est plus faible dans l’île. Avec un taux à 10 % du RDB, la consommation des ménages pèse 4 030 millions d’€ ; avec 12 %, cela fait 3 940 millions. En approximant, la consommation des ménages est donc d’environ 66 % du PIB en valeur en 2005 (PIB : 6 028 millions d’euros).

Ensuite, le deuxième poste de consommation privée qui compte en Cors est la consommation touristique. Selon le ministère du tourisme, cette dernière a représenté 2 % du total de la France, soit 1 848 millions d’euros en 2005. Si ce chiffre n’est pas directement assimilable à une consommation finale (pour des raisons techniques que je ne développerais pas ici), les spécificités de la Corse (peu de tourisme d’affaires notamment) permettent de lever cet obstacle. Ainsi, en 2005, la consommation touristique a représenté 31 % du PIB.

Pour la consommation publique, devant le manque d’élément, je passe.

Pour les investissements, d’une part les comptes des APUL nous donnent un montant de 323 millions d’euros investis par les collectivités locales. Contrairement à ce que l’on peut penser, l’État est un investisseur direct négligeable, la majorité des projets passant par les collectivités locales. D’autre part, pour le secteur marchand, selon Eurostat, les investissements en % du PIB sont en moyenne de 17 % entre 1995 et 2003 en Corse, je retiens plutôt le chiffre de 19 % pour 2005 afin de tenir compte du fait du boom de l’immobilier résidentiel (il ne s’agit ici que d’une évaluation rappelez vous). Au total, l’investissement pèse environ 1 500 millions d’euro, soit 24 % du PIB.

On arrive donc à une somme de la demande intérieure qui pèse 66 + 31 + 24 = 121 % du PIB. Par conséquent, comme PIB = demande intérieure + demande extérieure, on obtient que le solde du commerce extérieur est de -21 % du PIB, soit un déficit de 1 270 millions d’euros.

Donc en 2005 en Corse, 66 % du PIB était consacré aux dépenses de consommation finale des ménages, 31 % à celles des touristes, ?? % aux dépenses de consommation publique finale et 19 % aux investissements privés et 5 % aux publics. Le solde du commerce extérieur était de -21 %.

En 2005 en France, 56 % du PIB était consacré aux dépenses de consommation finale des ménages, 24 % aux dépenses de consommation publique finale et 16,7 % aux investissements privés et 3,3 % aux publics. Le solde du commerce extérieur était de -1 %.

Au final, cette évaluation (un peu au doigt mouillé, je l’accorde, mais elle fixe des ordres de grandeurs) confirme en grande partie ce que l’on sait déjà. En effet, l’économie de l’île repose en grande partie sur la consommation, que ce soit celles des résidents que celle de touristes. Dans une économie tertiaire, cela a pour conséquence logique un déficit des échanges extérieurs massif (ici seulement pour les biens et services, il ne s’agit pas d’une balance courante), les importations nécessaires pour couvrir les besoins de la demande intérieure n’étant pas compensé par les exportations.

PS : bien évidemment, le tourisme est de l'exportation de services, mais j'ai pensé que présenter l'impact vu du côté consommation était plus pédagogique.


Guillaume Guidoni
Dimanche 22 Juin 2008


Economie française

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