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Analyse et conjoncture économique de la Corse

Progression du chômage




Progression du chômage
La hausse du nombre de chômeurs enregistre un nouveau score historique

Ainsi, Selon la Dares, en décembre 2009, on a compté :
• 15 520 chômeurs (cat. ABC), soit une hausse de 21 % sur un an, contre +18,5 % en novembre. Ceci représente 2 700 chômeurs de plus par rapport à décembre 2008 ;
• 2 670 chômeurs de longue durée (+ de 1 an), soit une hausse de 21,4 % sur un an. Pour cette catégorie on enregistre un légère baisse par rapport à novembre (+21,8 % alors), un premier effet des sorties en fin de droits ?
• 2 900 chômeurs de - de 25 ans, soit une hausse de 26,6 % après +23,5 %.

A la fois pour le total et pour les jeunes, la progression du nombre de chômeur a atteint un nouveau plus haut historique. Les évolutions sont actuellement bien pires que celles que la Corse avait connu durant les années terribles 1993-1997 (cf. graphique). Le contexte s’est donc progressivement dégradé tout au long de 2009. En janvier, le nombre de chômeurs (catégories A,B et C) enregistrait une faible hausse en Corse (+1 %) alors qu’au plan national, la situation était plus mauvaise (+5 %). La Corse a en suite « rattrapé » son retard, puis a fin la dépassé la hausse du Continent en décembre, avec respectivement +21 % contre +18 % en France.

Progression du chômage
Rechute pour les offres d’emplois

Les offres d’emplois envoient un signal mitigé. D’un côté, les offres durables (cumul 6 mois) se sont bien reprises, progressant même vivement en décembre (+8,9 % sur un an). Pour le 3e mois consécutif, ces offres sont en positif après près d’un an de baisse. Le redressement a été rapide ; pour mémoire, la baisse était encore proche de 20 % mi-2009. La baisse revient respectivement à -4,7 % pour le total et, surtout, les offres durables ont été en hausse, +1,2 % sur un an. A l’inverse, la situation reste négative pour les offres d’emplois totales, toujours en recul (-3,2 % sur un an). Mais, là encore on est loin des niveaux de mi-2009. Cependant, pour être clair, tant que les offres d’emplois totales ne seront pas revenues pendant plusieurs mois en variation positive, on ne pourra crier victoire. Un point à suivre de près !

La divergence entre un mieux dans les offres et du pire dans le chômage peut paraître surprenante. Mais, il faut bien voir que l’on peut avoir un marché du travail qui continue à créer des emplois et une hausse du chômage. Il suffit pour cela que la population active augmente plus vite que le nombre d’emplois. En Corse, la croissance annuelle moyenne de la population active entre 1999 et 2008 a été proche de 3 %. Or, le secteur public ne crée quasiment plus d’emplois, les destructions dans la fonction publique d’État étant à peine compensée par l’augmentation des effectifs des collectivités locales. Il faut donc un rythme de création d’emplois salariés privés proches de 3 % pour pouvoir faire baisser le nombre de chômeurs. On en est loin.


Progression du chômage
Le sud particulièrement touché

Au niveau des départements, la Corse-du-Sud continue de se trouver dans une situation plus dégradée par rapport à son homologue nordiste. Sur les offres d’emplois l’écart est frappant : -9 % au Sud et +1 % au Nord. Sur le nombre de chômeur, idem : +25 % (un quart de chômeurs de plus !) contre +18 %.

Ceci est cohérent avec ce que nous écrivions récemment sur l’emploi salarié par territoire. Fin 2009 l’emploi se contracte dans la région d’Ajaccio, deuxième pôle d’emploi de Corse, et du côté de Porto-Vecchio. En revanche, les zones d’emplois de Corte, Calvi/Île-Rousse et Bastia, premier pôle d’emploi, sont elles en hausse.

En perspective

Ces données confirment que le marché du travail a été le grand perdant de la crise. Et la situation n’est pas encore sur le point de s’améliorer. Dans ce contexte, le taux de chômage va continuer à augmenter et la divergence nord-sud va perdurer. Selon nous, le taux de chômage pourrait atteindre 9 % fin 2009 (8,3 % au 3e trimestre, mais nous attendons des révisions à la hausse dans les prochaines publications). Il ne faut pas s’attendre à du mieux, c’est-à-dire à un retour de la progression sous les 10 % à horizon 6-9 mois.

NB : du fait de la forte saisonnalité du marché du travail en Corse, pour bien apprécier la tendance, il faut regarder les données en variation sur un an. Les variations mensuelles ne sont pas pertinentes.

Les données dans les graphiques et les commentaires font références aux catégories ABC et les pourcentages représentent l’évolution par rapport à la même période de l’année 2008. Cette définition est préférée à celle de la catégorie A (à la recherche d’emploi sans activité réduite) car elle permet de mesurer les chômeurs effectivement en concurrence sur le marché du travail (personne astreint à la recherche active d’emploi).


Guillaume Guidoni
Jeudi 28 Janvier 2010


Economie française

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